Pour qu'une Constitution soit bien respectée, il vaut mieux ne jamais y toucher...
1) Nos dirigeants usent et abusent des textes de loi “fourre-tout”. Ou avec des “cavaliers” qui n’ont rien à y faire… Alors, quand il s’agit de la Constitution, les risques sont plus forts encore !
Le deuxième amendement portait sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Très contestée à son origine, cette réforme ne l’est plus guère aujourd’hui.
Dans l’esprit du général de Gaulle, elle avait pour but d’accroitre la légitimité de ses successeurs.
Que n’a t-il pas laissé Georges Pompidou prendre la suite dès 1965… Le cours de l’histoire contemporaine de la France en eut été modifié : les “événements de 1968”, sur le thème “10 ans ça suffit” n’auraient sans doute pas eu lieu, en tout cas pas avec cette ampleur, et le deuxième président de la République serait alors allé au bout de son mandat…
Cette erreur, ajoutée à la funeste concession sur le mode de scrutin, uninominal à deux tours au lieu d’un seul (notre lettre du 5 avril) explique bien des crises politiques que nous avons connues depuis 60 ans :
- A ce jour, tous les seconds mandats d’un président de la République ont été pour le moins “problématiques”. Emmanuel Macron en conviendra sans doute un jour…
- Et, quand on se fait réélire avec, au deuxième tour du scrutin, les voix de ses plus acharnés adversaires, les difficultés commencent aussitôt. Vouloir imposer alors une réforme comme celle du régime des retraites relève de l’inconscience !
2) Les principales réformes constitutionnelles, au delà de la seconde, concernaient l’élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel (1974), ont porté sur l’égalité hommes-femmes (1999), le raccourcissement du mandat présidentiel à cinq ans (2000, la seule adoptée par referendum), la Constitution européenne (2005), la charte de l’environnement (2005)….
Au fil du temps, ces modifications semblent de moins en moins pertinentes. ..
Antoine de Rivarol disait : “la loi la plus juste est la plus stable”. A fortiori pour une constitution !
3) Revenons un instant sur l’une des plus néfastes de ces réformes, celle de 1999, sur l’égalité entre les hommes et les femmes, portée par le gouvernement de Lionel Jospin, sous la première présidence de Jacques Chirac. Comme si l’article 1 de la déclaration des Droits de 1789 (“Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune”) ne suffisait pas, largement ….
Depuis 20 ans, nos législateurs n’ont eu de cesse “d’enrichir” ce texte. On en est arrivé à la “chabadabada-isation” de toute notre vie politique : une homme/une femme pour toute élection par liste ; quota homme/femme pour les autres types d’élections ; puis, de ce fait, “chabadabada” dans le temps. Une femme étant en seconde position d’un homme, elle lui succédera certainement. C’est, par exemple ce qui c’est passé à la Mairie de Paris quand Anne Hidalgo a succédé à Bertrand Delanoé…
Et comme si ça ne suffisait pas, cette ritournelle entrainante commence à s’appliquer partout, y compris à la tête des entreprises, des syndicats, des administrations et des associations. Qui vient de succéder à Philippe Martinez à la tête de la CGT ? Une femme ! Qui succédera à Laurent Berger à la tête de la CFDT ? Une femme ! Qui a succédé à Jacques Toubon, comme Défenseur des droits ? Une femme, Claire Hédon, ex journaliste à Radio-France !….
La compétence de ces personnes n’est pas ici en cause. Mais n’est-on pas tombé dans le travers très américain de la discrimination positive, au moment même où elle était abandonnée outre-atlantique ?
Reprenons donc nos esprits : désignons des femmes partout où elles sont les meilleures, ou des hommes, dans les mêmes conditions, strictement !
NB. : Nous publions aussi, chaque jeudi, une autre publication : “La sécurité est un droit”. Pour y accéder, c’est ici !
Deux informations importantes :
🟥 Dans son rapport sur l’exécution du budget pour 2022, la Cour des comptes constate que “la Grande démission” touche maintenant la Police et la Gendarmerie. Au point que les recrutements ne couvrent plus toujours le nombre de démissions !
🟥 Les policiers et les gendarmes pourront désormais utiliser des drones lors des manifestations. Lors de la très violente manifestation de Sainte-Soline le 25 mars, les gendarmes mobiles avaient l'interdiction d'utiliser leurs drones pour surveiller les manifestants, alors que des activistes s'en étaient servis pour suivre les mouvements des militaires. Les policiers et les gendarmes pourront désormais utiliser des drones lors des manifestations…
A dimanche prochain, si vous voulez bien !
