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Considérations sur l’éradication de la pauvreté
De tous temps, la charité envers autrui a relevé d’un devoir religieux, toutes croyances confondues.
Avec les Temps Modernes, certains penseurs se sont mis en tête d’éradiquer la pauvreté, d’éteindre le paupérisme (Louis-Napoléon Bonaparte).
Aujourd'hui, il ne manque pas de démagogues politiques pour prétendre que ce serait possible, “à condition de s’en donner les moyens”...
C’est sans doute ce qu’avait en tête Patrice Douret, président (bénévole) des Restos-du- coeur quand, le vendredi 8 septembre, après avoir reçu le don de 10 millions d’euros de la famille de Bernard Arnault, il déclarait que, pour une solution de long terme, il fallait “prendre le problème à la racine”.
Mais qu’est-ce à dire ?
Ecartons d’abord les propositions farfelues, à ranger avec celles des humoristes, dont Ferdinand Lop, qui suggérait l’extinction du paupérisme… après dix heures du soir !...
Ne nous plaçons pas sur un plan moral, comme le font à juste titre toutes les religions du monde, par exemple l’Islam, avec sa sadaqa, d’ailleurs d’origine pré-islamique.
Plaçons-nous au plan pratique et politique.
Deux grandes écoles de pensée s’affrontent : les partisans de la solution du problème par la production , poussée au maximum par l’innovation et la concurrence (les libéraux) ; tandis que les seconds prônent la redistribution des richesses, parfois poussée jusqu’à l’égalitarisme (les socialistes).
Toutes les politiques s’inspirant plus ou moins de ces deux courants de pensée ont été mises en œuvre, ici ou là, depuis un siècle. Il est donc possible de faire le bilan.
Si l’on considère le classement des pays sur la base de la production par habitant, la réponse est claire : les plus riches sont les plus productifs, surtout si on élimine de ce classement les petits pays bénéficiant d’une rente naturelle.
On peut considérer que les deux tiers des pays répertoriés ont vaincu la pauvreté absolue, celle de la malnutrition et des morts de la faim.
L’Inde, au 127e rang du classement de la Banque mondiale, est devenu le premier pays exportateur de riz dans le monde !
S'agissant de pauvreté absolue, la Banque mondiale a établi un seuil à 1 dollar US/par jour (valeur du dollar en 1996).
Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), plus d’1 milliard d’êtres humains vivent avec moins d’1 dollar par jour et 2,8 milliards de personnes, soit 35% de la population mondiale, vit avec moins de 2 dollars par jour.
Mais, dans les pays développés, on parle désormais couramment de “pauvreté relative”, avec la définition d’un seuil, fixé à 60% du revenu médian.
Avec un salaire médian en France de l’ordre de 2200 €/mois, toute personne ayant un revenu moyen inférieur à 1320€ serait donc “pauvre”.
Avec une telle définition, mieux vaut être pauvre dans un pays riche que moyennement riche dans un pays pauvre !...
En fait, la définition sur la base d’un seuil par rapport au revenu médian mesure mieux les écarts de revenu, les inégalités sociales, que la pauvreté, même relative.
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