Nous sommes le dimanche 21 janvier 2024. Vous lisez cette publication parce que vous figurez sur notre liste d’envois. C’est notre 37e parution.
Chaque semaine, sur un sujet de fond et d’actualité, un point de vue différent de celui du courant dominant, nourri aux sources de l’expérience et des principes de liberté.
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De la pseudo conférence de presse interminable d’Emmanuel Macron le 16 janvier, les médias dominants - à savoir TV d’infos en continu et réseaux sociaux - n’ont évidemment retenu, après décantation, que les propositions les plus singulières :
Lutter contre l’infertilité…
Règlementer le temps d’écran des enfants…
Imposer une tenue unique à l’école…
Faire « place nette » des échanges de drogue sur l’espace public….
Rémunérer les fonctionnaires au mérite …
Des cours de théâtre dans tous les collèges…
Baisser les impôts pour les classes moyennes…
Non pas que tous ces sujets évoqués soient absents du paysage social, au contraire !
Mais est-ce bien à Jupiter de s’occuper de ces questions ?…
En premier lieu, un président de la République devrait d’abord se soucier de constituer une majorité parlementaire. Et devrait s’interdire de désigner un Premier ministre avant cela.
( Vivre sans gouvernement pendant 18 mois, de mai 2019 à octobre 2020 n’a pas empêché la Belgique de vivre, et même plutôt bien, puisque nos voisins outre Quiévrain, disposent d’un revenu moyen par habitant de 10% supérieur au nôtre.)
En second lieu, à l’extérieur, il doit représenter dignement son pays, et, à l’intérieur, veiller à son unité, à la paix civile, et impulser les grandes orientations de l’ordre régalien.
Polémiquer sans raison avec le Rassemblement national, pour la seule raison que ce mouvement est en tête des sondages sur les intentions de vote pour les prochaines élections européennes, est indigne de sa fonction !
S’agissant du pouvoir d’achat, le chef de l’Etat est pressé de partout de distribuer de l’argent qu’il n’a pas, et qui ne pourrait sortir que du porte monnaie des contribuables.
Il faut dire que c’est un vieille tradition de nos gouvernements successifs, et en particulier ceux d’Emmanuel Macron…
Mais ce qu’il pourrait faire de mieux, à cet égard, serait de faire baisser impots et taxes chez nous, où ils sont plus élevés qu’en Allemagne, avec un écart de cinq points de P.i.b.
Mais alors, il devrait aussi s’attaquer au mammouth de l’Etat-providence… En commençant par décentraliser, en application du principe de subsidiarité.
La gestion de l’Education nationale ne serait-elle pas plus facile si le recrutement des professeurs et la fixation des programmes était régionalisée, sous la tutelle a posteriori de l’administration centrale ?
Comme il est toujours difficile de baisser les impots, pourquoi ne pas essayer de les rendre plus intelligents ?
On pourrait le faire dans le cadre du « réarmement » industriel et économique suggéré par le chef de l’Etat.
On constate que chaque année un grand nombre d’entreprises moyennes familiales disparaissent, sont rachetées par des groupes étrangers, ou que leurs actionnaires vont s’installer ailleurs. C’est le squelette de notre économie qui se décalcifie… Des pays comme les Etats-Unis (où les impôts sur les successions sont faibles), ou la Belgique (où les impots sur les successions sont élevés) ont trouvé la solution : fondations là-bas, family offices ici, qui permettent à des patrimoines de se developper et de se transmettre, à la seule condition de demeurer à l’intérieur de ces structures, sans impôt de succession. Car un pays a besoin d’une épargne stable, plus que de tout autre chose. C’est son épargne qui a fait longtemps la force de la France ; pas la consommation de ses citoyens…
Les paléontologues, depuis le père jésuite Pierre Teilhard de Chardin, ont démontré que la matière, c’est à dire tout l’univers, en vieillissant, se complexifie. La conscientisation des individus accompagne ce mouvement. De ce fait, ils deviennent à la fois plus autonomes (individuation) et plus sociaux (socialisation).
Un gouvernement, libéré des billevesées idéologiques et des rêves utopiques, se fixerait comme objectif non pas de « réarmer » tout azimut, mais d’adapter les règles qui régissent les relations sociales aux principes d’organisation qui ont fait leurs preuves, ailleurs ou dans notre histoire, tout en libérant individus familles et entreprises de toutes les contraintes devenues aujourd’hui superflues.
C’est ainsi que, concrètement, des solutions sont possibles aux cent crises que nous vivons et qui semblent nous submerger : logement, agriculture, enseignement, insécurité, justice, pouvoir d’achat, santé, prévoyance…
En commençant par la base, qui, en démocratie, s’appelle une majorité ou un coalition dans toute assemblée de représentants du peuple.
Alain Dumait
