Nous sommes le dimanche 8 octobre 2023, et vous lisez cette publication parce que vous figurez sur notre liste d’envois. C’est notre 23e parution.
Chaque semaine, sur un sujet de fond et d’actualité, un point de vue différend de celui du courant dominant, nourri aux sources de l’expérience et des principes de liberté.
Une opinion personnelle, qui échappe aux robots et à l’intelligence artificielle…
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🇳🇮 1) La guerre déclenchée hier samedi 7 octobre, à 6 heures du matin, par le Hamas contre Israel, marque un nouveau tournant au Moyen-Orient, et souligne - contre toute attente - la vulnérabilité de cet Etat, qui a célébré son 75ème annivesaire le 14 mai dernier.
Comme il y a cinquante ans lors de la guerre du Kippour (du 6 au 25 octobre 1973), l’avantage est d’abord aux assaillants, aujourd’hui aux terroristes du Hamas. Pour la suite, d’un côté la mobilisation d’une armée de 600.000 soldats, réservistes compris, soutenue sans limite par les Etats-Unis ; de l’autre, quelques milliers de terroristes, armés par l’Iran, et soutenus largement par la rue des pays arabes.
L’issue est à l’avantage des premiers. Mais à quel prix ?
Deux observations permettent d’apprécier l’importance de l’affrontement déclenché hier par le Hamas.
En un seul jour, cette nouvelle guerre a fait, côté israélien plus de 300 morts, c’est davantage que sur toute la période depuis 2008…
Pour saturer le système anti-missiles israélien, les terroristes du Hamas ont lancé simultanément, ou presque, des milliers de roquettes. Le Dôme de fer* n’a pas pu faire face….
(* Le "Dôme de fer" est une batterie de missiles portable. Chaque dispositif comprend un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d'interception. Le système permet, en théorie, d'abattre en vol des engins d'une portée de 4 à 70 km. Le système est, surtout, destiné à contrer les projectiles de courte et de moyenne portée - roquettes, obus d'artillerie - visant les zones habitées. En mars 2021, Israël a dévoilé la nouvelle version qui peut désormais intercepter "simultanément" roquettes, missiles et drones.
Chaque tir de batterie coûte environ 50.000 dollars (sic), selon les médias. La mise en place du système, décidée en 2005, avait d'ailleurs été retardée pour mieux former le personnel, mais aussi parce qu'il semblait exagérément cher. Une station entière, elle, coûte entre 37 et 50 millions de dollars, selon le nombre de missiles contenus dans la batterie. À ce jour, début 2023, Israël avait déployé dix stations mobiles sur un objectif affiché de 15.)
🎰 2) Edito
Si j’avais aujourd’hui 100.000 euros à placer…
Aujourd’hui, l’obligation émise par le Trésor américain à 10 ans, rapporte près de 5%. C’est 3,5% pour les obligations émises par le Trésor français. (Sur les marchés obligataires, vendredi 5 octobre, le rendement du T-Bond américain à 2 ans a grimpé à 5,08%, contre 4,81% sur le 10 ans et 4,98% désormais sur le 30 ans, qui a même franchi plus tôt ce jour les 5%, au plus haut de 16 ans. Le 10 ans se situe aussi au plus haut niveau depuis 2007.)
La raison de cette hausse est toute entière du coté des banques centrales, qui ont - afin de juguler l’inflation - relevé leurs taux d’intérêt, sur les avances qu’elles font aux banques commerciales, à un niveau et à une vitesse jamais vue auparavant.
Pour l’économie - celle des entreprises qui s’endettent - c’est catastrophique : l'indice américain S&P 500 est en baisse d'environ 8 % par rapport à ses plus hauts de l'année, la promesse de rendements garantis sur la dette publique américaine ayant détourné les investisseurs des actions. Les taux hypothécaires, quant à eux, sont à leur plus haut niveau depuis plus de 20 ans, ce qui pèse sur les prix de l’immobilier… Dans une économie par ailleurs résiliente, caractérisée par un marché de l'emploi solide et des dépenses de consommation soutenues, le marché du logement est le secteur le plus touché par les mesures énergiques prises par la Fed, et les autres banques centrales, pour freiner la demande et réduire l’inflation.
Pour l’épargnant, que faire ?
Ici même, le 28 mai dernier, dans un article intitulé « Comment placer 100.000 euros ? Les meilleurs placements… », j’écrivais :
« Les obligations … sont déconseillées en période de hausse des taux, et vivement conseillées en période de baisse de ces taux. Actuellement c’est la hausse ; attendons donc le retour de la baisse… ».Pour le spéculateur, c’est sans doute le moment d’acheter des obligations.
Il est préférable d’acheter des obligations lorsque les taux d’intérêt sont à un niveau élevé : ainsi vous engrangez des intérêts plus importants et, si les taux d’intérêt baissent par la suite, la valeur boursière de vos obligations augmente.
L’achat direct d’obligations demande quelques connaissances. Si vous ne les avez pas, privilégiez les produits collectifs (OPC) obligataires : ainsi, c’est un professionnel qui gère les titres tout en vous faisant profiter des revenus.
La fiscalité des revenus obligataires est moins favorable que celle des actions mais bénéficie du prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %.
Une baisse des taux d’intérêt sur le marché entraîne une hausse du prix des obligations à taux fixe. Vous pouvez donc obtenir une éventuelle plus-value à la revente avant son échéance.Pour le bon père de famille, sur 10 ans, s’il achète aujourd’hui une obligation qui rapporte du 5% chaque année, il récupérera son argent à l’échéance.
Dans le même temps, avec le livret A, plafonné à 22950€, il aura un rendement de 3%, garanti jusqu’en janvier 2025. Sans garantie après…Le placement en actions sur 10 ans, est sans doute le meilleur placement.
Le 28 mai, je disais : « mes trois valeurs préférées présentement sont Air-Liquide, L’Oréal et LVMH »
Pourquoi Air Liquide en tête ? Parce que, de ces trois valeurs, c’est celle qui se soucit le plus de ses actionnaires. Un investissement dans cette société a procuré à ses actionnaires un rendement moyen annuel sur 10 ans (31 décembre 2012 - 31 décembre 2022) de 10,67%, +175% sur la période. Alors que le livret A, sur la même période, a servi du 0,90% en moyenne, +9,4% en cumulé sur la période….Mais est-ce le moment d’acheter ? C’est quand la bourse baisse qu’il faut acheter.
Si l’on considère que les banques centrales vont maintenant cesser d’augmenter leurs taux, et sans doute commencer à les baisser au deuxième semestre de 2024, c’est le moment d’acheter, soit des obligations rapportant 5% par an, soit des valeurs boursières de premier plan.
Pour ma part, si j’avais aujourd’hui 100.000€ à placer, pour la moitié, j’achèterai des obligations d’Etat à 5% (ou, presque), et pour l’autre moitié, des actions Air Liquide (le titre valait 157,84€ en clôture vendredi soir, et a touché un plus haut à 168,48€ le 31 aout dernier).
Alain Dumait
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