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1. Depuis un siècle, aussi bien dans le monde qu’en France, les inégalités sociales, mesurées sur la base des revenus et des patrimoines des individus, n’ont pas diminué, mais plutôt augmenté…
En fait, elles semblent fluctuer au gré du climat général des affaires : les périodes de récession ou de conflits poussent à l’égalisation, par affaissement de la pyramide, tandis que les périodes d’euphorie ou d’ouverture des marchés mondiaux tendent à accroître les écarts.
Ce bref résumé de l’histoire contemporaine des faits économiques est bien documenté : au plan mondial comme au plan national.
2. Face à ce constat, deux réactions, d’égal de bon sens, sont possibles : renoncer à toutes les politiques dites de redistribution, qui ne sont pas efficaces, ou au contraire, accentuer ces mêmes politiques, sous le prétexte qu’elles ne seraient pas assez volontaristes.
En France, c’est la seconde voie qui est suivie, depuis longtemps, résolument par les partis “de gauche”, plus modérément pour les partis “de droite”. Mais tous vont dans la même direction ! La preuve : en période d’alternance, “la droite” revenue au pouvoir n’a remis en cause ni l’IGF (devenu ISF, et maintenant IFI), ni le RSA, ni l’interdiction de licenciement (contournée par la rupture conventionnelle)….
Mais pas question, pour personne, de toucher aux vaches sacrées :
- 120 ans de politique du “logement social” aboutit à cette situation où la construction est très insuffisante et où les mal logés sont de plus en plus nombreux ;
- L’école gratuite et obligatoire, avec des programmes identiques sur 101 départements, y compris outre-mer, fabrique désormais des bacheliers presque illettrés ;
- La santé gratuite pour tous, décourage les médecins mal rémunérés et encombre les services d’urgence au bord de la crise de nerf ...
Jour après jour les plans se succèdent, les dépenses publiques s’alourdissent, et la situation général s’aggrave, dans toute la sphère publique.
Les comparaisons internationales, plus objectives que les rapports de la Cour des comptes, nous font reculer à chaque nouvelle publication…
3. Les penseurs et philosophes du XVIIIème siècle ont enseigné et imposé au monde le primat de l’égalité des droits. La démocratie était née. Les idéologues du XIXème siècle ont renchéri avec l’idée de l’égalité “concrète”. Les totalitarismes allaient s’y engouffrer…. Les économistes du XXème siècle, tous adeptes de la macro-économie, sur ce socle, ont théorisé, avec Lord Keynes, les pouvoirs surnaturels de l’intervention de l’Etat. Le libéral-dirigisme était en place, et nous gouverne toujours, avec ses totems et ses tabous. Seul le mur des réalités, en l’occurence celui de la dette publique, pourra l’arrêter. Quand un train va trop vite, il déraille et ainsi s’arrête, dans la douleur…
4. L’inégalité étant l’une des lois les plus certaines de l’état de nature, il est vain de vouloir l’entraver. Une intervention politique intelligente (s’il en existe…) consisterait plutôt à favoriser toutes les accumulations individuelles de richesses, car ce sont elles qui font la richesse des nations ! C’est d’ailleurs ce qui se fait, sous nos yeux, dans beaucoup d’autres pays du monde, où émigrent nos jeunes diplômés et nouveaux entrepreneurs…
Les bonnes âmes diront qu’un monde sans ISF (en France et nulle part ailleurs en Europe…), sans HLM, sans RSA, sans Education nationale (premier employeur du pays), serait plus dur pour les pauvres…. Mais ce serait exactement le contraire ! Pour deux raisons :
- Il vaut mieux être pauvre dans un pays riche que dans un pays pauvre…
- le message chrétien, comme celui de presque toutes les religions, prône l’amour du prochain, et le partage des richesses. Oui, mais un partage volontaire. Comme un acte délibéré, “si je veux”. Ce qui s’appelle la philanthropie, cent fois plus développée aux Etats-Unis que chez nous.
D’ailleurs, les pays dotés d’un Etat-providence moindre que le nôtre - “que-personne-ne-nous-envie”… - sont souvent moins inégalitaires.
Constater les excès de l’Etat- providence ne suffit plus. Il faut maintenant contester le principe même de la priorité donnée par tous et partout à la lutte inepte et. inutile contre les inégalités sous toutes leurs formes. Pour mieux retrouver la seule égalité qui compte, celle des droits et des devoirs de chacun. CQFD.
Alain Dumait
Quelques références :
https://ses.ens-lyon.fr/ressources/stats-a-la-une/levolution-des-inegalites-mondiales-de-1870-a-2010
https://www.lesechos.fr/2002/02/inegalite-mondiale-et-mondialisation-
https://www.oecd-ilibrary.org/education/regards-sur-l-education-2021_5077a968-f
1055102#:~:text=Entre%201850%20et%201910%2C%20la,dans%20des%20pays%20assez%20in%C3%A9galitaires.
